Adénome
de la prostate

A qui s’adresse le traitement de l’adénome de prostate

L’adénome de la prostate correspond au vieillissement bénin de la prostate. Il s’agit de l’augmentation de volume de la prostate à partir de l’âge de 30 ans, pouvant se révélant souvent à partir de 50 – 60 ans.

La prostate est située sous la vessie et autour du canal de l’urètre. Son augmentation de taille fait obstacle à la vidange vésicale. Les symptômes passent longtemps inaperçues puis une gène obstructive (diminution du jet urinaire, gouttes retardataires, lenteur à la vidange vésicale, lenteur à l’apparition du jet urinaire) ou irritative (besoins fréquents d’uriner le jour voir la nuit, besoins urgents) peuvent évoluer.

L’évolution peut se poursuivre vers un épuisement de la vessie qui ne se videra plus complètement, source d’infections, de douleurs, de calculs ou d’incontinence. Les reins peuvent également souffrir de cette situation.

Comment se passe le traitement de l’adénome de prostate

Traitement médical

Pour qui ?

Le traitement médical se justifie si la maladie gêne le confort de vie ou use la vessie.

 

Comment ?

Tout d’abord, les conseils d’hygiène de vie sont importants pour tous. La gêne urinaire est favorisée par le manque de boisson, la prise excessive de café, tabac, vin blanc ou plats épicées.

Trois classes de médicaments sont disponibles avec différents traitements dans chaque classe.

Les extraits de plantes sont les plus doux, ils sont efficace en début de prise en charge de la maladie ou lorsque les symptômes irritatifs ou l’inflammation prédominent.

Les alpha-bloquants sont très efficaces, rapidement sur les symptômes obstructifs, un peu plus lentement sur les symptômes irritatifs.

Les inhibiteurs de la 5 alpha réductase sont des médicaments plus lents, ralentissent la croissance de la maladie mais diminuant la libido. Ils sont particulièrement indiqués chez les patients les plus âgés.

 

Traitement chirurgical

Préparation

Une douche avec un savon antiseptique prescrit par le chirurgien et délivré en pharmacie est nécessaire le matin de l’intervention.

Une dépilation ou un rasage peut être nécessaire en cas de chirurgie ouverte.

L’entrée à la clinique se fait environ 2h avant l’intervention.

 

Anesthésie

Loco-régionale (rachi-anesthésie du bas du corps, par une injection dans le dos) ou générale.

 

Opération

Résection trans-urétrale de prostate ou énucléation prostatique au laser  (traitement endoscopique)
L’excès de tissu prostatique responsable de l’obstruction urinaire est réséqué par les voies naturelles ou vaporiser au laser jusqu’à un certain volume prostatique. Une sorte de rabot électrique permet de découper en petit morceau l’adénome de la prostate. Ces fragments sont retirés par les voies naturelles et analysés au laboratoire. Une sonde urinaire est mise en place pour rincer la vessie.

Adénomectomie prostatique (traitement chirurgical)
L’adénome de la prostate peut atteindre des volumes importants. La résection prostatique par les voies naturelles n’est possible que jusqu’à une centaines de grammes. Au delà, pour permettre un traitement complet, il est préférable d’intervenir par une incision du bas ventre. L’adénome est retiré comme si le jaune d’un oeuf dur était décollé. La capsule de la prostate est refermée sur une sonde vésicale qui guidera la cicatrisation rapidement.

Durée de l’intervention

Résection trans-urétrale de prostate et énucléation laser (traitement endoscopique)
Entre 30 et 60 minutes.

Adénomectomie prostatique (traitement chirurgical)
Environ 1 heure.

 

Séjour à la clinique

Résection trans-urétrale de prostate (traitement endoscopique)
Entre 1 et 2 nuits.

Adénomectomie prostatique (traitement chirurgical)
4 nuits.

Après traitement de l’adénome de prostate

Traitement médical

Le traitement est bien supporté.

Les extraits de plantes entraînent le moins d’effets secondaires.

Les alpha-bloquants peuvent provoquer vertiges en cas de lever trop rapide, et éjaculation rétrograde (au moment de l’éjaculation, l’orgasme est conservé mais le sperme ne sort pas. Ce phénomène est réversible à l’arrêt du traitement et ne survient que rarement).

Les inhibiteurs de la 5 aplha réductases peuvent diminuer la libido.

 

Traitement endoscopique

La douleur est très modérée.

Le confort urinaire ne peut revenir qu’après 6 à 12 semaines.

Les urines peuvent restant rouge pendant presque un mois. Entre 10 et 15 jours après le traitement par endoscopie, les urines peuvent redevenir rouge. Ce phénomène est bien connu, souvent inquiétant car survenant à domicile, mais rarement grave. Il suffit le plus souvent de boire abondamment (2L/jour) afin de diluer le saignement.

 

Traitement chirurgical

La douleur est très modérée.

Les fils de suture se résorbent complètement en un mois. Il n’est donc pas nécessaire de les enlever.

Les efforts physiques sont déconseillés pendant 1 mois.

Les bains sont déconseillés pendant 2 semaines et remplacés par des douches.

Une consultation de contrôle est prévue à un mois de l’intervention pour la cicatrisation, les résultats de l’analyse et l’échographie de la vessie, puis à 3 mois pour vérifier la bonne vidange vésicale par échographie.

La surveillance rejoint ensuite celle des hommes du même âge. C’est à dire annuelle entre 50 et 75 ans, avec toucher rectal et dosage du PSA (la prostate restante doit être surveillée).

Résultats du traitement de l’adénome de prostate

Traitement médical

Le traitement médical est longtemps efficace, mais l’évolution spontanée de la maladie nécessite des modification voir des associations de médicaments.

Lorsque le traitement médical n’est plus suffisant, il faut envisager un traitement endoscopique ou chirurgical.

 

Traitement endoscopique

La résection trans-urétrale de la prostate améliore nettement le confort urinaire.

Il faut parfois savoir attendre 6 à 12 semaines avant d’être amélioré. Les premières semaines, la gêne peut même être pire qu’avant l’intervention.

L’adénome de la prostate peut repousser en 10 à 15 ans.

 

Traitement chirurgical

Le traitement chirurgical améliore autant les symptômes que le traitement endoscopique.

Le même délai est souvent nécessaire avant d’avoir un confort optimal.

L’adénome de la prostate peut repousser en 10 à 15 ans.

Aspects administratifs du traitement de l’adénome de prostate

Prise en charge

Prise en charge par la Sécurité sociale.

Complément possible de prise en charge par la Mutuelle.

 

Arrêt de travail

De 2 à 4 semaines après traitement endoscopique, en fonction de la profession, pris en charge par la Sécurité sociale.

De 2 à 4 semaines après traitement chirurgical, en fonction de la profession, pris en charge par la Sécurité sociale.

Complications du traitement de l’adénome de prostate

La liste des complications se veut exhaustive et donc longue, au risque d’inquiéter inutilement le lecteur alors que celles-ci sont rares.

Traitement médical

Cardio-vasculaire
Une baisse de tension artérielle avec vertiges est possible chez les personnes les plus âgées, avec les alpha-bloquants. Les nouveaux médicaments entraînent moins d’effets secondaires.

Sexuels
Les alpha-bloquants peuvent entraîner une éjaculation rétrograde réversible à l’arrêt du traitement. Le sperme n’est plus émis vers l’extérieur mais vers la vessie. L’orgasme est conservé.
Les inhibiteurs de la 5 alpha réductase entraînent une baisse de la libido, réversible après arrêt du traitement.

Allergie
De rares allergies médicamenteuses peuvent apparaître.

 

Traitement endoscopique

Infection urinaire
Un simple traitement antibiotique suffit pour la traiter.

Hématurie
La présence dans les urines est possible de manière plus abondante qu’habituellement, pouvant nécessiter un lavage vésical, voir une nouvelle intervention par les voies naturelles, pour cautériser la lésion qui saigne.

Syndrome de réabsorption
Cette complication ne se voit plus avec les nouveaux outils de résection endoscopique.

Lésion urétérale
Les uretères peuvent être abîmés au cours de l’intervention. Il s’agit d’une situation très rare qui peut nécessiter la mise en place d’une sonde urétérale, voir une réparation de l’uretère dans un second temps.

 

Traitement chirurgical

Hématome
Il peut être volumineux mais se résorber spontanément. Le saignement peut dans des cas extrêmes nécessiter un traitement radiologique ou chirurgical pour arrêter l’hémorragie.

Infection ou retard de cicatrisation
Un abcès intra-abdominal est rare.
Un retard de cicatrisation de la peau est rare.

Lésion urétérale
Les uretères peuvent être abîmés au cours de l’intervention. Il s’agit d’une situation très rare qui peut nécessiter la mise en place d’une sonde urétérale, voir une réparation de l’uretère dans un second temps.

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